14 Mars 2010    

La lettre d'avril 2008

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SIG, mode d’emploi : 11 principes pour tout savoir

Dossier - la lettre d'avril 2008

DEFINITION, SERVICES, OUVERTURE ET INTEROPERABILITE, STANDARDS, SOLUTIONS  Pas facile de se retrouver dans les arcanes des applications traitant d’information géographique. Open source, fonctions, implantation, mobilité, traitements, données, compétences… testez vos connaissances.

Par Hubert d’Erceville, Guide informatique
Le SIG sert uniquement à gérer le cadastre

FAUX. Au fil des ans, le SIG (système d’information géographique) est devenu une gamme de logiciels assurant une représentation cartographique des données. Bien plus qu’un simple outil de gestion du cadastre, c’est un système complet, qui traite toutes les informations localisées ou géoréférencées sur des calques, des plans, ou des fonds de cartes. Le SIG est autant un outil d’aide à la décision (tableaux de bord, analyse, géomarketing, GRC) que de gestion de données (cadastre, réseaux, clients), ou d’interventions (travaux, sécurité, itinéraires, planification).


Poussée par le libre, l’offre des éditeurs évolue vers la simplicité

VRAI. Les grands éditeurs de SIG, comme Esri, Geoconcept, Star/Apic, Intergraph/Geomedia, Autodesk, ou Mapinfo disposent de produits dédiés au décisionnel cartographique. Des partenaires les déclinent sous forme d’applications verticales dédiées (gestion du cadastre, cartographie urbaine, gestion de réseaux, etc.). Mais pour cibler une fonction plus standard, l’outil doit être simplifié. Voilà pourquoi Autodesk (avec Mapguide), Geoconcept (avec Geobizz), Esri (avec Mapobjects), entre autres, proposent des versions allégées de visualisation de données issues du SIG : le cartographeur. Microsoft, lui, a lancé son propre outil Mappoint, originellement dédié à l’analyse sous Excel. Il existe aussi des approches de niche, comme celles d’Experian ou d’Asterop, dédiées au géomarketing et à la géo-intelligence.


L’open source se limite actuellement à de simples applications de visionnage

VRAI. Les gammes diffusées en open source se nomment Cartoweb, Mapbuilder, Mapguide, ou Mapserver. Pour l’instant, sans être encore de véritables SIG, ces logiciels libres se limitent à la construction de noyaux fonctionnels de représentation cartographique. Des communautés de développeurs se créent. En France, des applications métier sont mises en forme par des sociétés de services en logiciels libres (SSLL) spécialisés, comme Camptocamp, Veremes, ou Waynasoft. Mais de là à imaginer qu’un véritable SIG complet puisse être proposé en Open source, il y a une grande marge.


Chaque logiciel cible un métier ou une fonction bien spécifique

FAUX. Faire du géomarketing avec Autodesk Map 3D ou Star/Apic est possible. Autant que traiter du cadastre ou des travaux publics avec Géoconcept ou Mapinfo ou gérer des bâtiments avec Geomedia ou Arc Info. Pourtant, certains pensent l’inverse. Autrement dit, il n’existe pas de SIG dédiés à un type d’application. Voilà pourquoi tous les grands éditeurs sont en concurrence. Par contre, ils peuvent avoir des approches de niche avec des solutions paramétrées par des partenaires. Elles ciblent alors des métiers bien identifiés : le marketing, le cadastre, la gestion de stocks, la sécurité, la gestion de réseaux, la gestion d’agendas, etc.).


Le SIG est une solution bureautique individuelle

FAUX. Les entreprises ont besoin de tableaux de bord cartographiques. Au même titre que le traitement de texte ou le tableur, l’information géographique peut alors être perçue comme un élément bureautique de création et d’aide à la décision. Un argument qui a conduit à la multiplication des installations de SIG bureautiques sur les postes de travail. C’était un peu l’ambition de Microsoft avec Mappoint. Mais, au rythme d’une licence par PC, le coût d’un tel équipement se révèle élevé. Les DSI sont intervenus dès qu’ils ont vu les factures s’accumuler. Ils préfèrent désormais mettre en place des services d’application spatiale centralisée. Une solution bien plus économique. Il en va de même avec les services en ligne proposés par des professionnels.


Toutes les applications dédiées à la mobilité ont le vent en poupe

VRAI. C’est la grande tendance: on assiste à une multiplication des besoins nomades et de mobilité. A ce titre, l’information géographique colle au plus près des logiques des métiers des utilisateurs. Cela va de la gestion de flotte de véhicules au suivi d’intervention, voire à la gestion des rendez-vous ou des agendas du personnel mobile. Les opérateurs, les industriels, les services multiplient les usages. Ils exploitent les données des gestionnaires territoriaux. Et cela renforce les synergies entre le secteur privé et le privé. Ecoemballage illustre bien ce phénomène en créant une liaison directe entre son activité de collecte et les besoins des collectivités locales. Collaborer, échanger, se compléter. Le SIG nomade fait appel aux technologies mobiles, aux matériels nomades (PDA, Tablet PC), GPS, et aux communications sans fil (GPRS, Wifi) pour accéder à Internet.


Les traitements s’effectueront bientôt à distance

VRAI. La fourniture d’applications hébergées sur internet (FAH) ou sous forme de logiciels vendus sous forme de services (Saas), tout le monde y réfléchit. Les éditeurs la préparent. Les utilisateurs l’attendent. Cela résoudra les problèmes de gestion de système et de validité des bases de données. Notamment dans le domaine des SIG, où les services en ligne devaient rapidement se multiplier sous forme d’applications dédiées ou via des bouquets de services. Il existe déjà des services applicatifs en ligne, comme Eco Emballage, ou de données, tel le Géoportail de l’IGN. On parle alors de mutualisation et de solutions toujours actualisées, d’accès rapide et simple. C’est un axe de développement dans les entreprises et les organismes.


Il faut toujours acheter des données

FAUX. Tout le monde n’achète pas obligatoirement des données. Beaucoup de gestionnaires de SIG commencent sur un fond de carte gratuit et créent leurs propres couches à partir des informations qu’ils détiennent déjà. Les mairies utilisent le cadastre, les enseignes de la distribution leurs fichiers clients. L’achat de données sur étagère est une réponse à d’autres besoins.


Une donnée achetée est une donnée utilisable dans toute l’entreprise

FAUX. Le prix d’une donnée varie selon son usage. Il faut donc parfois repayer une carte selon l’application utilisée. Souvent, le client s’y perd. Les sociétés qui achètent des données se demandent lesquelles choisir. Une multitude de fournisseurs les proposent : l’IGN, l’Insee, les organismes publics gestionnaires d’espaces, les gestionnaires de réseaux, les opérateurs, les structures territoriales, les cartographes comme Navtech ou encore Téléatlas. Pour choisir le client doit comparer les tarifs, la précision des informations, leur fraîcheur, les dates de mises à jour. Pas facile !


Il existe un format unique de données.

FAUX. Il n’y a ni format standard ni format unique. Même si EdiGeo existe, les éditeurs doivent multiplier les connecteurs pour leurs applications. Par contre, il existe des standards et des formats communs. Ils se nomment Shape ou FDO (Feature Data Object). Esri a créé le premier - le plus utilisé actuellement -, et Autodesk le second. En 2006, FDO a été donné à la communauté open source. Depuis, celle-ci a mis au point des connecteurs pour une multitude de formats, tels Shape, SDF, ArcSDE, Oracle, MySQL, ODBC, OGR, GDAL, WMS, ou WFS.


Les compétences en informatique sur Java et le web vont manquer

VRAI. Il existe maintenant de bonnes formations de géomaticiens. Mais la multiplication des applications métier ou fonction a un impact direct sur leur profession. Certes, ils possèdent des compétences génériques sur les SIG et réalisent des applications intégrées au SI de l’entreprise. Mais ce ne sont pas des informaticiens. Le secteur a donc de plus en plus besoin de profils technologiques pour évoluer. Pour s’intégrer dans l’entreprise, les solutions SIG doivent être implémentées par des spécialistes informatiques de Java, d’Internet et des architectures web. Mieux : l’arrivée de solutions SIG en « open source » renchérira ce besoin de compétences techniques.

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